Whiplash de Damien Chazelle

L’une des plus belles manières de découvrir un film, j’en suis certain, est de se laisser surprendre. Dans une époque où le moindre teaser est analysé en détails, laisser sa place au mystère et à l’inconnu est devenu un véritable luxe. Lorsque j’ai acheté Whiplash en DVD, je ne savais rien du film, ayant totalement raté sa sortie en 2014.

Puis je l’ai regardé, et j’en suis sorti comme jamais je n’étais ressorti du visionnage d’un film auparavant. J’étais en sueur, accroché au bord du canapé. J’avais ressenti toute la tension que Damien Chazelle avait distillée dans son métrage. Je n’avais pas simplement l’impression d’avoir vu le film, mais de l’avoir vécu. Bref, je venais de trouver mon nouveau film favori.

Whiplash

Si je m’intéressais déjà au cinéma auparavant (depuis le visionnage de la saga Star Wars, mais c’est une histoire pour un autre jour), Whiplash m’a ouvert les yeux sur ce que représente une mise en scène maîtrisée. Le montage ciselé, la gestion des couleurs, de la lumière … Je découvrais un univers qui m’étais inconnu jusqu’alors. La performance incroyable des acteurs m’a également laissé pantois, notamment grâce à l’intensité que J.K. Simmons a réussi à insuffler à son personnage de professeur sadique. Le film a même réussi à me faire m’intéresser au jazz grâce à la bande-son incroyable de Justin Hurwitz, alors que je pensais que c’était un genre musical ennuyeux !

Whiplash

Bref, Whiplash représente pour moi une succession de scènes incroyables où chacune d’entre elles est un tableau millimétré. Mais le pinacle du film, le moment que m’a fait passer un point de non-retour, c’est la scène finale. En dix minutes, le film arrive à résumer tout son propos et à conclure l’arc narratif de ses deux personnages principaux en une fin ironiquement amère.

Dix minutes durant lesquels Miles Teller donne probablement la meilleure performance de sa carrière en frappant sur ses fûts comme un animal (rappelons que l’acteur a joué la majorité des parties de batterie). Dix minutes où Chazelle exprime l’étendue de son talent avec la virtuosité qu’on lui connait. Dix minutes qui, selon moi, ont permis au film de tutoyer les sommets. Quel dommage que la scène du conservatoire (mais si, celle où Fletcher dit « not quite my tempo ») ait supplantée celle-ci dans l’imaginaire collectif …

Whiplash

J’ai bien évidemment continué à suivre toutes les œuvres de Chazelle par la suite. J’ai adoré La La Land, apprécié First Man, et suis resté bouche-bée devant Babylon (preuve que le bougre a du talent). Si tous ces métrages sont géniaux à leur manière, aucun ne m’a procuré la même sensation que Whiplash ; preuve en est que le cinéma est avant tout une histoire d’émotions.

Merci Monsieur Chazelle, de m’avoir ouvert les yeux.

Vous pouvez retrouver toutes les autres lettres ici.

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