C’est la fin ! Voilà ce qu’il faut savoir en allant découvrir Halloween Ends, sorti ce 12 Octobre en salles. De nouveau piloté par David Gordon Green qui aura donc conduit toute la trilogie, Halloween Ends se présente donc comme la conclusion des hostilités entre le boogeyman Michael Myers, et sa survivante Laurie Strode joués pour la dernière fois par Jamie Lee Curtis et James Jude Courteney.

ET DONC ?

Si Halloween Kills était d’une violence abusif avec un climat anxiogène, Ends est l’opposé. Plus sobre, bien moins violent (et si ça l’est s’en est presque drôle), et surtout la direction prise laisse perplexe puisque elle n’a absolument pas sa place dans cette conclusion.

Si le film n’aurait dû se concentrer que sur Michael et Laurie ou Allyson (toujours un plaisir de revoir Andi Matichak ) et n’oublions pas Lindsey (Kyle Richards) qui bénéficie d’un temps d’écran très limité sans rien apporter, c’est un tout nouveau personnage qui éclipse le trio d’origine, pour prendre une place quasi envahissante. Et autant dire que même si ce petit nouveau nommé Corey (joué avec conviction par Rohan Campbell) amène des moments intéressants, son histoire n’avait pas sa place dans cette conclusion.

ET MICHAEL MYERS ALORS ?

Problème évident et majeur, où est Michael Myers ? Véritable figure du Mal dans les trois précédents volets, ici relégué à une quasi figuration. Caché dans la pénombre d’un tunnel poisseux, on nous fait rapidement comprendre que le légendaire tueur d’halloween est vieillissant et à peine capable de lever un couteau. Un traitement intéressant ou une régression radicale ? Jusqu’ici la saga dirigée par David Gordon Green s’entêtait à nous faire comprendre que Myers était increvable et qu’arriver à bout de ce dernier ne serait pas une tâche aisée, hors dans Halloween Ends quatre ans se sont écoulés, et bien des choses ont changées.

UNE RELÈVE INTÉRESSANTE OU UN PERSONNAGE PRÉTEXTE ENVAHISSANT ?

James Jude Courteney derrière le terrible costume de Michael Myers dans "Halloween Ends"

Si la présence très réduite du croque-mitaine dans ce chapitre final est un point fatidique, elle peut expliquer la venue de Corey, qui assure une sorte de relève, motivé par une soif de vengeance envers toutes celles et ceux qui l’accusent de la mort accidentelle d’un petit garçon qui survient en introduction (une introduction qui s’éternise même si elle plante efficacement l’intrigue), une relation s’établit de manière mystique. 

Mais au final ce nouvel arrivant ne fait que combler le vide de la vraie menace qui aurait dû être opérationnelle, même si le score remixé de Carpenter ne manque jamais une occasion de rappeler les plus grandes heures d’un dès plus célèbres tueurs du cinéma car les notes sont graves et mythiques, mais cette relève qu’on attendait pas et qu’on ne voulait pas voir est aussi un prétexte pour réunir les deux adversaires. 

Un prétexte pratique qui évite une redit des précédents films, mais un prétexte envahissant. Apparemment il fallait un remplaçant, mais était il nécessaire d’étendre cette histoire sur l’ensemble ? Non il fallait surtout ce concentrer sur le principal et conclure, ce que le film fait de manière très hâtive.

Rohan Campbell joue Corey dans "Halloween Ends"

UNE CONCLUSION SATISFAISANTE ?

Après le développement de Corey pendant plus d’une heure, on revient à ce pourquoi ont est venus voir le film. Hélas c’est amené de façon si maladroite qu’on imagine presque Gordon Green et ses co-scénaristes revenir en catastrophe à la base des choses après avoir consacré les deux premiers actes à ce nouveau « tueur de baby-sitters » et à sa love Story avec Allyson. Et quand arrive enfin le grand moment, rien de bien phénoménal ! Laurie qui jusque là avait adopté un rôle de grand mère poule exorcisée de son terrible passé, redevient la grand-mère badass prête au combat en quelques minutes, Michael avait également retrouvé sa place, et tout ça pour terminer sur une note facile avec quelques flashback pour pimenter le grand FINAL. Parce que oui il y a quelques références aux précédents opus via des retours en arrière, ou des clichés, pour bien nous faire ressentir le fil conducteur qui existe depuis 1978.

Jamie Lee Curtis prête à faire face une dernière fois à Michael Myers dans "Halloween Ends"

Alors oui David Gordon Green est parvenu à conclure de façon cohérente et définitive et on applaudit ce point, cependant la fin paraît facile, vide et manque de grandiose et d’émotions. Tout ça est bien dommage,, une quadrilogie comme Halloween aurait mérité tellement plus. Une conclusion à la hauteur de ceux qui la font vivre. Forte et intense. On devra se contenter de ce qu’elle est : facile, cohérente et définitive.

AUCUNE CHANCE POUR UNE SUITE, SAUF SI ?

Au moins on peut dire avec certitude que les chances de suites sont belles et bien enterrées, à moins d’un énième reboot foireux ce qui ne serait guère surprenant si on prend en compte les propos de Jason Blum le patron de Blumhouse ou ceux de John Carpenter le géniteur de la saga, qui affirmaient sans langues de bois que si Halloween Ends rapportait des recettes plus que satisfaisantes, Michael Myers serait exploité à nouveau.

Pour finir, il faut retenir d’Halloween Ends une bonne conclusion qui n’arrive malheureusement qu’à la toute fin de façon bâclée, faute à un scénario qui a trop pris son temps pour des choses pas nécessaires, voire inutiles. On préfère largement la première suite de 2018 qui honorait le chef d’œuvre de John Carpenter avec toutes ses références, ici Gordon Green va au delà du déjà vu et de la redit, mais peut être aurait-il fallu éviter de sortir de la zone primaire pour offrir aux spectateurs un final en grande pompes. Un ultime opus (on l’espère grandement) qui va diviser mais qui peut aussi plaire. Une chose est sûre ça aurait pu être une bien meilleure fin, et ce n’est pas non plus le meilleur Halloween alors qu’il y avait le potentiel pour être parmi les plus notables. Dommage !

Le film est disponible depuis ce Mercredi 12 Octobre en salles.

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