Sorti en 1980, Elephant Man marqua un tournant majeur au sein de la carrière de David Lynch, jusque-là cantonné au modeste succès de Eraserhead. Triomphe critique et commercial, le long-métrage ouvra à son auteur les portes d’Hollywood et connaît encore aujourd’hui un grand succès d’estime, comme en témoigne sa récente ressortie. Pour célébrer cette dernière, nous vous proposons cinq anecdotes entourant la genèse du film.

Premier film pour Brooksfilms

Après avoir été séduit par le script de Christoper De Vore et Eric Bergren, Jonathan Sanger et Stuart Cornfeld proposèrent en vain le scénario d’Elephant Man à de grands studios. C’est finalement Mel Brooks, l’acteur comique très populaire auprès du grand public, qui s’intéressa au projet après avoir ouvert sa propre société de production, Brooksfilms. Ce dernier cherchait à produire des films sérieux, bien loin des comédies dans lesquelles il officiait. Lynch, recommandé par Sanger et Cornfeld, eu donc la chance de le rencontrer et Brooks, séduit par l’engouement du jeune homme, décida de visionner Eraserhead. La projection privée qui fut organisée convainquit Brooks et ce dernier dit aimer ce film « parce que ce ne sont que des symboles, et en même temps c’est réel ».

Une longue liste

Bien qu’il semble aujourd’hui impossible d’imaginer un autre que John Hurt dans la peau de John Merrick, l’acteur britannique ne fut pourtant pas le premier nom qui vint à la bouche de Mel Brooks. En effet, Brooksfilms cherchait une star de premier plan et Dustin Hoffman fut longtemps évoqué. Pour Lynch, le rôle devait revenir à Jack Nance, l’interprète de Henry dans Eraserhead, ce à quoi Mel Brooks s’opposa, jugeant que le cinéaste devait collaborer avec un acteur le sortant de sa zone de confort. C’est finalement en visionnant la performance de John Hurt dans L’homme que je suis (Jack Gold, 1977) que les deux hommes trouvèrent un terrain d’entente.

Le masque de David Lynch

Toujours dans une entreprise de création totale, Lynch eu pour objectif de fabriquer lui-même le masque que porterait John Hurt pour le rôle de Merrick. Ce travail lui demanda douze semaines, de la glycérine, du talc, du latex ainsi que l’aide de sa jeune fille, Jennifer Lynch, qui lui servit de mannequin. Malheureusement, le projet fut un échec pour l’auteur puisque le masque ne s’adapta pas du tout au visage de l’interprète. Selon Jonathan Sanger, un des producteurs, Lynch fut tellement dévasté par la nouvelle qu’il envisagea de quitter le tournage.

Les restes de John Merrick

Suite à la tentative avortée citée ci-dessus, Jonathan Sanger contacta Christopher Tucker, un maquilleur de renom, pour créer le moulage utilisé par John Hurt. Lynch et lui décidèrent de se rendre au Royal London Hospital Musuem and Archives, afin de retrouver le moulage réalisé du vivant de Merrick. Les conservateurs acceptèrent leur demande et le maquillage que l’on voit donc à l’écran fut calqué sur la véritable apparence de l’homme-éléphant. Son installation ne fut toutefois pas de tout repos et occasionna chaque jour huit heures de travail, pour la poser sur le visage de l’acteur principal.

Relation tendue

Elephant Man permit à Lynch de démontrer ses talents de talent de directeur d’acteurs. Cependant, sa relation avec Anthony Hopkins fut pour le moins compliqué. Ce dernier essaya à plusieurs reprises de lui retirer la direction du projet puis exprima ses nombreuses réticences envers un réalisateur qui n’avait réalisé qu’un « petit film » et se retrouvait aux commandes d’une production d’envergure. Lors de l’une des répétitions, Hopkins, agacé, accusa notamment le réalisateur de ne pas lui donner assez d’indications, ce qui provoqua une vague de colère chez l’auteur. De l’aveu même de Lynch, « je ne me croyais pas capable de hurler comme je l’ai fait » et suite à cette accroche, leur relation conservera une certaine froideur, l’acteur affichant constamment « une expression renfrognée« .

Alors, quelle est votre anecdote favorite parmi les cinq ? Dites le nous en commentaire !

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