Spider-Man : Far From Home, film d’action et d’aventure super-héroïque de 2019 réalisé par Jon Watts avec Tom Holland, Jake Gyllenhaal, Zendaya, Samuel l. Jackson

Synopsis : Quelques temps après les événements d’Avengers : End Game, Peter Parker part en voyage scolaire en compagnie de ses camarades de classe dont fait partie Mary Jane qu’il cherche à séduire. Décidé à profiter de ce voyage pour mettre en oeuvre ses plans concernant MJ, il choisit de mettre de côté son activité en tant que Spider-Man un moment. Mais c’était sans compter le danger qui planait au dessus de lui et de ses amis…

Moins de 3 mois après la sortie en salle du dernier film du Marvel Cinematic Universe : Avengers : Endgame, et après son incroyable succès au box office ayant engrangé pas moins de 2,7 Milliards de $, c’est donc au tour de Spider-Man : Far From Home de venir conclure la phase 3 du MCU. Mais que vaut finalement le nouveau film de l’homme araignée ?

SPIDER-MAN: FAR FROM HOME Trailer Brings Peter to the ...
Mysterio, interprété par Jake Gyllenhaal et Tom Holland en Peter Parker

La première chose qui ressortira sans doute de la réception publique de ce nouveau film du Marvel Cinematic Universe est le degré de différence au point de vue tonal ainsi que de la gestion des enjeux entre ce nouveau Spider-Man et le précédent Avengers. En effet, on se sent d’abord perplexe en ressortant d’un film au ton grave et aux issues que nous pourrions euphémiquement qualifier d’importantes, tant pour nos personnages que pour leur univers entier, à un film au ton beaucoup plus léger et aux enjeux mal définis. Ainsi, le choix de Kevin Feige, la tête pensante du MCU, de conclure cette phase 3 qui aura vu naître sur nos écrans des films aussi spectaculaire que Civil War, les 2 parties d’Avengers ou encore Black Panther, par ce film semble assez déroutant et on peine à en comprendre le but.

Maintenant, parlons de la qualité intrinsèque de ce Spider-Man : est-il plutôt bon ou mauvais ? Et ma réponse immédiate sera…moyen, très moyen. En effet, d’un point de vue purement technique, le film est réussi. La plupart des scènes d’actions sont bien filmées, assez lisibles, notamment par rapport à la mise en scène très décousue des frères Russo et les cascades bien chorégraphiées, malgré la présence de plans flous (une nouvelle fois dans un film du MCU après ceux de Endgame), ce qui paraît assez déroutant à l’ère du numérique et au vu des importants moyens dont disposent ces projets. Pour poursuivre sur la technique, le rendu des costumes, retravaillés en 3D pour la plupart fait, tout de même, assez tâche, notamment sur les plans ou les différents super-héros retirent leur masque. Enfin, si le film, comme la plupart des métrages du MCU, ne propose pas de vrai parti pris de mise en scène ni de réelle direction artistique, le premier combat avec l’antagoniste du film nous offre néanmoins de nombreuses idées très intéressantes visuellement et un rendu assez esthétique.

Spider-Man: Far From Home : Photo Jon Favreau, Samuel L. Jackson
Nick Fury, interprété par Samuel L. Jackson et Jon Favreau en Happy Hogan

Passons désormais aux points négatifs, bien plus nombreux. Tout d’abord, ce film est sans doute l’un des moins bien écrit de tout l’univers Marvel au cinéma. J’ai cessé de compter toutes les facilités scénaristiques ainsi que les nombreux raccourcis permettant au récit de progresser. Pour donner quelques exemples sans spoiler, le plan de l’antagoniste nous est révélé par le biais d’une scène assez peu crédible dans laquelle il le dévoile entièrement à ses acolytes (censés, à priori, déjà le connaître ?), d’autant que son premier objectif de récupérer les lunettes de Stark Industry semble davantage reposer sur un coup de chance que sur une stratégie bien construite. En outre, Spider-Man n’est visiblement plus le seul à disposer d’un « spider-sense », puisque MJ semble capable de le retrouver à n’importe quel moment au sein des villes les plus grandes d’Europe ; le monde est petit ! Et parlons-en de ce « spider-sense » qui, en plus de vraisemblablement disparaître au début du film, sans raison apparente, fait son retour durant le climax en faisant office de « Deus Ex Machina » permettant d’amener la résolution du film sans trop d’efforts. L’antagoniste du film (sans révéler son identité pour éviter tout spoil), bien qu’ayant un potentiel thématique important, notamment grâce à son rapport avec le metteur en scène au cinéma, n’est également que trop peu exploité et il manque sans doute des scènes creusant davantage sa personnalité, ses dilemmes moraux ou même ses ambitions, trop vite survolées pour nous en faire ressentir la nature menaçante. Enfin, le plus gros problème d’écriture du film est lié à son héro : Spider-Man. En effet, et depuis même son implantation dans le MCU, le personnage de Peter Parker peine à évoluer en maintenant 5 films où il apparaît à l’écran. Ses enjeux personnels sont toujours les mêmes, on ne comprend pas réellement ce qu’il veut puisqu’il change d’avis quand le scénario le demande et, forcément, ce personnage de Spider-Man dénote clairement avec celui interprété par Tobey Maguire dans la trilogie de Sam Raimi, porteurs de thèmes forts, à la caractérisations et aux enjeux clairs. En effet, si il parvient à la fin du film à accomplir son objectif premier, il ressort de celui-là inchangé et l’élément pouvant apporter une rupture à son évolution est expédié dans la première scène post-générique (oui il y en a bien deux) sans que l’on sache si cela sera traité par la suite ou non.

Pour conclure, Spider-Man : Far From Home est un film qui reste divertissant malgré de nombreuses facilités d’écriture et le manque cuisant de profondeur du récit, trop évident pour ne pas en gâcher le visionnage. Les changements de tons humoristiques ne gênent qu’à quelques reprises seulement notre implication dans la scène (plutôt rare dans un film du MCU) et, globalement, l’humour fonctionne assez bien notamment grâce eu personnage de Ned, le principal comic relief du film. Les scènes d’action sont agréables à regarder mais le film ne reste qu’un énième épisode d’une série cinématographique assez vide dont chaque film ne semble pas tenir de réels aboutissants sur la continuité du récit global.

Spider-Man: Far From Home : Affiche

4/10

Un divertissement très moyen pêchant principalement par une écriture facile et bâclée. Le tisseur de toiles semble finalement avoir laissé place aux tisseurs de ficelles scénaristiques. A bon entendeur.

Auteur/Autrice

Partager l'article :

Leave a comment