Après avoir co-réalisé John Wick en 2014, David Leitch réalise Atomic Blonde en solo. Adapté de la bande-dessinée The Collets City, le film convoque une Charlize Theron au top de sa forme. Malgré un succès commercial au box-office américain, le film n’a pourtant pas totalement convaincu en France alors que ce dernier, bourré de qualité, mérite qu’on s’y attarde un peu plus.

L’agent Lorraine Bourghton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté : à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s’associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espion des plus meurtriers. Une trame d’espionnage sur fond de chute du mur de Berlin, lorsque le monde se demandait s’il s’agissait vraiment de l’effondrement du bloc soviétique.

MI6, un zeste de KGB et une pointe de CIA

Nous sommes en 1989, Alannah Myles vient de sortir son chef-d’oeuvre qu’est Black Velvet mais surtout, le mur de Berlin est sur le point de s’écrouler, emportant l’Union Soviétique avec lui. Lorraine Broughton interprétée par Charlize Theron, espionne pour le compte du MI6, est envoyée à Berlin suite à l’assassinat de James Gascoigne, lui aussi agent du MI6. La mission de Gascoigne était de récupérer un micro-film contenant l’identité de la totalité des agents sous couvertures à Berlin que ce soit du MI6 ou du KGB. Lorraine est donc envoyée sur place afin de finir ce qu’il a commencé et de sauver les meubles dirons-nous. Une intrigue relativement classique pour un film d’espionnage mais qui prend bien plus d’ampleur lorsque l’on se rend compte qu’il s’agit d’une véritable guerre d’espions. Car si le MI6 et le KGB mènent la danse, la CIA et la DGSE sont aussi impliqués dans l’intrigue, ce qui rend la tâche de Lorraine bien plus compliquée. 

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Lorraine, interrogée lors de son retour de mission. © Focus Features

« Ich bin ein Berliner »

Berlin est une ville fascinante, changeante, cosmopolite et surtout imprégnée d’une histoire certes sombre mais très intéressante. Avec Atomic Blonde, Leitch la représente avec brio dans cette époque compliquée, la dualité entre Berlin Est et Ouest se fait ressentir lorsque Lorraine passe de l’un à l’autre. Berlin Ouest est moderne, pleine de boîtes de nuit aux néons resplendissants qui nous donneraient presque envie d’y passer des vacances si la Stasi ne nous surveillait pas depuis les miradors du mur. Berlin est de son côté est… Et bien lorsqu’on est familiers avec l’architecture soviétique, elle donne souvent envie de jouer à la roulette russe avec un semi-automatique. Tout n’est qu’immeubles gris, angles droits et tristesse coulée dans du béton. Celaa ne veut pas dire que rien ne s’y passe. Le film présente Berlin via la jeunesse qui y vit, un ras-le-bol bruyant face à l’oppression de l’URSS qui cherche à tout prix à museler les ados et jeunes adultes qui ne cherchent qu’une chose : se rebeller.

Cela se remarque surtout à travers le personnage de David Percival interprété par James McAvoy. David est un agent du MI6 installé à Berlin, que son gouvernement a légèrement oublié et qui a décidé de son propre fait d’en faire son territoire. Trafic de biens venant de l’ouest, drogues par dizaines et vie nocturne mouvementée : il incarne Berlin est. Renégat et aucunement digne de confiance, il est à la fois un allié et un obstacle à Lorraine tout au long du film.

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David Percival, ami ou ennemi ? © Focus Features

How does it feel to treat me like you do ?

Bien entendu, Percival ne sera pas le seul obstacle à la mission de Lorraine, loin de là. Qui dit David Leitch dit combat. Et du combat il y en a. Dire que l’action est musclée serait un euphémisme, Lorraine ne rigole absolument pas face à ses adversaires. C’est brute, énervé et ça n’épargne personne, en particulier notre héroïne qui encaisse autant qu’elle cogne. Les coups se font sentir et plusieurs fois on prend en pitié certains cascadeurs. D’ailleurs, ils ne seront jamais assez payés pour le travail qu’ils fournissent dans l’industrie du cinéma en général.

Pour donner un exemple, lors d’une séquence où Lorraine doit escorter un homme blessé, elle se retrouve piégée dans la cage d’escalier d’un immeuble face à un groupe d’hommes armés. Tout se déroule dans un habile faux plan-séquence lors duquel Lorraine lutte au corps-à-corps à deux contre un. Salades de phalanges, lancers dans les escaliers, surinage en règle avant d’enchaîner à travers un appartement où tout ce beau monde s’éclate sur tous les meubles dans la joie et la bonne humeur. Ce qui fait la force de cette scène et la plupart des scènes de combat du film, c’est la chorégraphie. Le fait que certains coups soient portés de façon hasardeuse, que les combattants se fatiguent vite et fassent des erreurs, rend le tout indéniablement crédible.

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Dire que l'action est musclée serait un euphémisme. © Focus Features

Killer Queen

Enfin, pourquoi ne pas parler plus que ça du personnage de Lorraine ? Et bien, la raison est simple. Lorraine Broughton est une énigme qui ne fait que s’épaissir à mesure que le film avance. Peut-on vraiment lui faire confiance ? C’est un mystère qui intrigue à la fois les personnages et le spectateur. Ce que l’on sait néanmoins, c’est qu’elle est douée. Une femme de terrain exceptionnelle pour qui le combat et la séduction de cible n’ont aucun secret. Elle n’en est pas insensible pour autant, prête à tout pour mener sa mission à bien, elle ne restera pas de marbre si l’un de ses alliés se fait tuer ou que la mission prend une tournure plus sombre.
Mais révéler plus de choses sur son personnage pourrait gâcher certaines révélations tout au long du film alors restons concis.

Atomic Blonde est sorti le 28 juillet 2017 en salles et une suite était apparemment prévue en 2020 mais depuis, aucune information supplémentaire n’a été divulguée.

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