Il est acclamé pour ses fresques de gladiateurs et de guerriers tragiques comme Gladiator (2000), Robin des Bois (2010) ou encore ses regards froids et obscurs vers la science fiction et l’horreur (Blade Runner 1982), (Alien 1979), et pourtant celui qu’on retiendra de Ridley Scott est Thelma et Louise sorti en 1991.

Porté par Susan Sarandon et Geena Davies, et plus secondairement Harvey Keitel, Michael Madsen et Brad Pitt (la révélation de l’époque), le métrage se concentre sur ces deux femmes enfermées dans leur quotidiens monotones aux côtés de leurs compagnons avec qui la vie n’est guère simple ni réjouissante (en ce qui concerne Thelma surtout).Tandis qu’elles entreprennent une escapade pour un week-end sans avoir prévenu leurs conjoints respectifs, elles font une petit escale dans un bar peuplé. Sur place Thelma est courtisée puis violentée et sur le point d’être violée par un homme qui s’éprend d’elle. Louise intervient juste à temps, puis le tue juste après, un long périple inattendu commence pour elles.

Susan Sarandon et Geena Davies dans un voyage qui les changera à tout jamais

Précurseur du cinéma féministe, ce septième long métrage de Scott est sans aucun doute son plus intime, son plus dramatique et son plus intense. Thelma & Louise est un road trip à travers les plus beaux paysages américains mais surtout une porte ouverte à la liberté et à l’amour, tandis que Louise voit en son meurtre un prétexte pour quitter l’Amérique, Thelma réveille la vraie femme qui sommeille en elle depuis si longtemps. Elle trouve en ce voyage un épanouissement inattendu, une certaine évasion. Ridley Scott traite ici la misogynie, la domination des hommes (sans pour autant les mettre tous dans le même sac), et 12 ans après Ellen Ripley, il met de nouveau la femme au premier plan. Mais au contraire de Sigourney Weaver qui montrait déjà son caractère et un côté badass dans les premières 15 minutes de Alien, Thelma est construite ainsi sur plusieurs étapes du film, comme si Scott voulait montrer qu’un petit événement pouvait changer le destin d’une femme dont la place dans la société est réduite à être une femme au foyer sans enfants. Et le réalisateur place ici les femmes dans un non confort auquel elle vont apprendre à s’opposer, et Thelma représente cette femme. Au début effrayée par son mari qui refuse de la laisser sortir, jusqu’au trois quarts du film où elle lui raccrochera au nez en lui disant « tu n’es pas mon père, tu es mon mari », elle choisit la liberté et c’est certainement l’image de la femme la plus forte qu’on ait jamais eu au cinéma, même si le schéma fût répété à de nombreuses reprises. Film féministe oui, mais il y a une construction intéressante avant d’en arriver là.

Il ne faut pas omettre un élément un peu contraire qui vient s’ajouter à tout ça, le gentil policier joué par Harvey Keitel, qui en dehors de Michael Madsen est le seul à vouloir les aider. On connaît Keitel pour des rôles bien plus lourds habituellement (Réservoir Dogs, Bad Lieutenant, Taxi Driver) mais ici c’est un personnage à contre emploi, gentil et réfléchi que nous voyons. Ridley Scott montre bien que certains ont un bon fond dans une Amérique où le moindre état est susceptible d’être un danger pour une femme.

Susan Sarandon et Geena Davies font connaissance avec un tout jeune Brad Pitt
Geena Davies une héroïne d'envergure

Un film qui révèle les bons et les mauvais, les vraies personnalités, et certaines choses enfouies, mais pas que. Thelma et Louise montre la force, l’union des forces, mais pas nécessairement un « girl power », terme utilisé à tort et à travers pour désigner une ou plusieurs femmes rassemblées et prêtes à en découdre. C’est avant tout une aventure unique sur une amitié plus forte que l’amour, plus forte que tout, deux femmes qui ont traversé l’impossible et qui ont réveillé leurs vraies natures, et toute la séquence finale démontre parfaitement tout ça avec beaucoup d’émotions ! Oui les larmes coulent mais à l’image du dénouement c’était inévitable !

Le film est disponible sur Prime Vidéo

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