Yolande Zauberman est en quête d’un mysticism qui prend les traits de la transidentité. En filmant la question de genre, centrale au film, la réalisatrice s’attarde sur la psychologie des personnages. Un documentaire passionnant.

Un homme aurait quitté Gaza à pied pour devenir une femme à Tel-Aviv. À l’aide de sa caméra, Yolande Zauberman cherche celle qu’elle appelle La Belle de Gaza au cœur d’un territoire fracturé.

A la recherche d’un mythe fantasmé

Après Would You Have Sex with an Arab? et M, Yolande Zauberman clôture sa trilogie documentaire dédiée à la nuit avec La Belle de Gaza. Pendant le tournage de son deuxième volet, la réalisatrice entend parler d’un mythe urbain. Elle en fait un documentaire profond qui mélange plusieurs regards sur le sujet de la transidentité. En cherchant sa Belle de Gaza, la cinéaste française questionne et tente d’en dessiner des réponses. Cette quête n’est finalement qu’un leurre qui permet d’exposer la réalité des personnes transgenres dans une partie du globe qui ne leur est pas favorable. 

© Pyramide Distribution
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A la recherche d’un mythe devenu réalité

Talleen Abu Hanna, La Belle de Gaza, existe mais n’est qu’un prétexte qui permet aux nombreuses femmes de témoigner, aux autres de rayonner. Certaines des séquences ne sont malheureusement que peu utiles dans la compréhension générale du documentaire. L’ensemble reste d’une beauté sincère. Ces passages permettent de sublimer l’histoire, de rendre le documentaire esthétique, de lui donner une dimension cinématographique. Mais par ce biais, il s’éloigne de cette réalité de terrain qui voulait être capturée. 

© Pyramide Distribution
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De la beauté dans un monde en destruction

Yolande Zauberman filme des individus sublimés par sa gestion de la caméra et de son histoire. Elle permet de mettre en lumière la transidentité par le biais de divers témoignages dans une zone géographique difficile. Dans un monde où tout s’écroule, ces individus rayonnent par leur force de conviction.

La Belle de Gaza, présenté à Cannes en séance spéciale, questionne et tente de répondre. Sans jamais prendre parti, peut-être l’un des reproches à faire, le documentaire relate une recherche d’abord impossible pour éclairer des témoignages plus que nécessaires.

La Belle de Gaza, en salles depuis le 29 mai.

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